Le barbelé

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Entre novembre 1953 et mai 1954, près de 3 000 tonnes de barbelés furent parachutés sur le camp retranché.

Chaque point d’appui devient un hérisson de barbelé, divisé en sous-positions, ceint de plusieurs rangées de fil de fer barbelé, complété par des champs de mines et des tranchées à hauteur d’homme. Selon les sources militaires, autour de la position de Béatrice, « chaque mamelon est entouré d’une épaisse nappe de fil de fer barbelé et d’autres réseaux assurent des cloisonnements intérieurs ».

Le fil de fer barbelé, lourd, encombrant, est embarqué sur les Dakota C-47 (charge utile : 2,5 tonnes) et les Fairchild C-119 « Flying Boxcar » (6 tonnes), parfois pilotés par des équipages américains de la Civil Air Transport (CAT) du général Chennault.

Et pourtant — et c’est l’un des paradoxes de Diên Biên Phu — le barbelé manquera. Les analyses militaires d’après-guerre le mentionne : « les installations ne sont pas dissimulées ; les bunkers sont peu enterrés et en bois ; les abords ne sont pas nettoyés ; il n’y a pas de glacis ; il manque du barbelé ».

Dès l’attaque initiale, les sapeurs vietnamiens du régiment 141 atteignent les réseaux de fils de fer barbelé après avoir creusé des boyaux d’approche jusqu’au pied des positions françaises. « L’ouverture de brèches demande un quart d’heure », note le journal de marche du 13 mars ; « une des brèches demande l’emploi de 18 charges. »

Plus dramatique encore, l’infanterie du Viêt Minh utilise massivement la tactique des bengalores — des charges allongées d’explosifs glissées sous les réseaux — et, dans les cas extrêmes, le sacrifice individuel : selon plusieurs témoignages convergents, certains assaillants n’hésitent pas à se faire sauter sur les barbelés pour ouvrir un passage à leurs camarades.

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Journal de marche et d'opérations