MÉNAGE Guy

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Né en 1932, enfant de troupe en 1945, Guy Ménage s’engage très jeune en 1951 chez les parachutistes. Simple soldat de 2e classe à ses débuts, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie pour terminer général de brigade, titulaire de 11 citations et, en juin 2015, promu Grand Officier de la Légion d’honneur lors d’une prise d’armes aux Invalides.

C’est au sein du 6e Bataillon de Parachutistes Coloniaux (6e BPC), l’illustre « bataillon Bigeard » reformé à Saint-Brieuc en juillet 1952, que le jeune Ménage fait ses armes. Sous les ordres du chef de bataillon Marcel Bigeard — auquel il restera durablement lié, jusqu’à le retrouver plus tard au 3e Régiment de Parachutistes Coloniaux en Algérie —, il participe aux combats les plus emblématiques de la fin de la guerre d’Indochine : le raid de Tu Lê en octobre 1952, où le bataillon décroche au prix d’une marche-poursuite épuisante face aux divisions du Viêtminh, puis l’opération sur Lang Son en juillet 1953.

Rapatrié, Guy Ménage poursuit sa carrière dans les troupes aéroportées, notamment au 3e RPC en Algérie, où il sert à nouveau aux côtés de Bigeard. Élevé au généralat, il s’installe à sa retraite dans la région de Biarritz et devient, jusqu’à un âge avancé, l’un des derniers témoins directs de la bataille — il participe notamment, en novembre 2016, à la table ronde du colloque « Bigeard et l’Indochine » organisé à l’École militaire par la Fondation Marcel-Bigeard, où il représente, aux côtés de Pierre Flamen, les anciens chefs de section du 6e BPC.

Le Général de brigade Guy Ménage est né le 19 août 1932.

Issu des Enfants de Troupe (Montélimar, Aix en Provence) de 1945 à 1950, Guy Ménage s’engage pour cinq ans le 19 août 1950 au titre de l’Ecole Militaire Préparatoire d’Autun d’où il sort sergent après son peloton. En 1951, il rejoint la 1re Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes à Vannes. Il est breveté parachutiste (brevet n° 63066) le 05 octobre 1951 à Meucon.

Il part en Indochine avec le 6e Bataillon de Parachutistes Coloniaux en juillet 1952 où il participe à toutes les opérations, notamment à Tulé, Langson, Ðiện Biên Phủ. 

Le 20 novembre 1953, Guy Ménage saute une première fois sur la cuvette de Diên Biên Phu : le 6e BPC, parachuté en tête sur la zone « Natacha » dans le cadre de l’opération Castor, ouvre la voie à l’installation du camp retranché en se posant en plein milieu d’une unité du Viêtminh à l’instruction. Replié vers Hanoï à l’issue de cette première phase, le bataillon est largué une seconde fois, le 16 mars 1954, en pleine bataille, alors que la situation se dégrade et que les points d’appui septentrionaux commencent à tomber.

C’est sur les points d’appui Éliane 1 et Éliane 2, hauteurs disputées au prix de combats au corps à corps d’une violence extrême, que Ménage et ses camarades du 6e BPC vont s’illustrer jusqu’à l’épuisement. Le 7 mai 1954, après 57 jours et nuits de combats, la cuvette tombe. Le bataillon est officiellement dissous le 8 mai. Comme la quasi-totalité de la garnison, les survivants partent pour les camps du Viêtminh, où la captivité, la dysenterie et la faim feront davantage de morts que la bataille elle-même.

Son action exemplaire est remarquée à de multiples reprises et récompensée par 7 citations, dont 3 à l’ordre de l’Armée. Il reçoit la Médaille Militaire à 22 ans.

Après son affectation à Bayonne à la 1re DBCCP, il rejoint l’Algérie le 08 avril 1956 avec le 3e Régiment de Parachutistes Coloniaux. Il se distingue à nouveau aux cours des opérations dans les Nementchas, en Kabylie, dans l’Atlas (Agounnenda, Médéa, Champlain), puis à Alger et à Timimoun, où il est cité à trois nouvelles reprises. Lors d’une prise d’armes, avant de partir à Chypre (Affaire de Suez), il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur ; il a 24 ans. Il devient adjudant à 25 ans.

De retour d’Algérie, l’Adjudant Ménage est affecté au Groupement d’Instruction de la Brigade Parachutiste à Bayonne en 1958. Admis à l’Ecole Militaire d’Application de l’Infanterie de Saint-Maixent en 1960, il est nommé sous-lieutenant le 1er août 1961. Il retourne en Algérie en 1962, pour servir au sein du 26e Bataillon d’Infanterie de Marine. A son retour, il sert successivement au 1° RPIMa à Bayonne, au 5e BPIMa à Madagascar de 1963 à 1966, puis rejoint l’Etat-Major de la 9° Brigade à Saint-Malo.

Promu capitaine le 1er avril 1968, il commande une Compagnie de Combat au 6e RPIMa à Mont de Marsan de 1968 à 1971. Il part ensuite pour 2 ans comme Chef du 3e Bureau à l’Etat-Major de la Défense Nationale de la République Centrafricaine à Bangui.

En juin 1973, il rejoint l’Ecole des Troupes Aéroportées en qualité d’Adjoint au Directeur de l’Instruction, puis prend les fonctions de Chef du Bureau Logistique de l’Ecole. Il est promu chef de bataillon le 1er octobre 1975.

En août 1978, le Commandant Ménage devient Officier Supérieur Adjoint du 1er RPIMa à Bayonne. Nommé lieutenant-colonel le 1er octobre 1979, il prend ensuite les fonctions de Commandant en Second du régiment à partir de septembre 1980.

Il est promu au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur le 02 septembre 1980.

Il occupe les mêmes fonctions au Régiment d’Infanterie de Marine du Pacifique en Nouvelle-Calédonie en 1981.

En juillet 1983, il rejoint à nouveau l’Ecole des Troupes Aéroportées où il prend les fonctions de Chef de corps, Commandant en second. En décembre 1983, il devient Chef de corps du 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes, unité de réserve qu’il met sur pied au sein de la 12e Division Légère Blindée – École (DLBE), dont l’État-major est implanté à Saumur.

Promu colonel le 1er octobre 1984, il prend ensuite le commandement de la 31e Brigade Parachutiste Zaïroise à Kinshasa en août 1985.

Rentré en France en 1987, il devient Adjoint du Général Guignon, Commandant la 11e Division Parachutiste, et Délégué Militaire Départemental du Tarn et Garonne.

Le Colonel Ménage est nommé Général de brigade par décret du 11 juin 1989. Il est admis dans la 2ème section du cadre des officiers généraux de l’Armée de Terre à compter du 20 août 1989. La cérémonie marquant son « Adieu aux Armes » se déroule à la Maison Mère. Il est alors élevé à la dignité de Grand Officier dans l’Ordre National du Mérite.

Grand Officier de la Légion d’Honneur depuis le 28 avril 2014, le Général de brigade Guy Ménage est élevé à la dignité de Grand-Croix dans l’Ordre de la Légion d’Honneur par décret en date du 30 octobre 2019.

Ces distinctions viennent récompenser une carrière exceptionnelle : 39 années de service, dont 25 ans chez les parachutistes, 15 années de campagne et 11 titres de guerre.

A bientôt 94 ans, cet ancien Lieutenant de Bigeard profite d’une retraite bien méritée dans le pays basque.

Décorations françaises :

  • Grand-Croix dans l’Ordre de la Légion d’Honneur
  • Médaille militaire
  • Grand Officier dans l’Ordre National du Mérite
  • Croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieures avec 7 citations, dont 3 palmes (citations à l’ordre de l’armée), 2 étoiles vermeil (citations à l’ordre du corps d’armée) et 2 étoiles de bronze (citations à l’ordre de la brigade ou du régiment)
  • Croix de la valeur militaire avec 3 étoiles de bronze
  • Croix de combattant
  • Médaille d’Outre-Mer avec agrafe Madagascar
  • Médaille Commémorative de la Campagne d’Indochine (avec étoile des blessés)
  • Médaille Commémorative d’Afrique du Nord avec agrafe Algérie
  • Médaille Commémorative Française des Opérations du Moyen-Orient

Décorations étrangères :

  • Officier dans l’Ordre de la Reconnaissance (République de Centrafrique)
  • Officier dans l’Ordre national du Léopard (République démocratique du Congo)

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