GAMBIEZ Alain

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Alain Gambiez naît le 13 juillet 1931 à Rabat, au Maroc, dans une famille profondément ancrée dans la tradition militaire française. Il est le fils du futur général d’armée Fernand Gambiez, alors jeune officier en poste au Maroc.

Son père, né le 27 février 1903 à Lille, est saint-cyrien (promotion Chevalier Bayard, 1923-1925) ; sous-lieutenant au 17e bataillon de chasseurs alpins puis lieutenant aux 2e et 1er régiments étrangers d’infanterie au Maroc entre 1927 et 1932, il est à l’époque de la naissance d’Alain un officier de la Légion étrangère, ce qui détermine sans doute l’orientation ultérieure de son fils vers cette arme prestigieuse. En mai 1943, il est le créateur, en Algérie, du 1er bataillon de Choc (parachutiste).

Le jeune Alain grandit dans cet univers militaire et colonial, son père gravissant régulièrement les échelons de la hiérarchie pour atteindre les plus hautes responsabilités. 

Au moment du drame de Diên Biên Phu, son père, le général Fernand Gambiez, occupe les fonctions de chef d’état-major du général Navarre, commandant en chef des forces françaises en Indochine ; situation tragique qui place le père au cœur même de la conduite de la bataille où va périr son fils. 

Suivant la voie tracée par son père, Alain Gambiez choisit la carrière militaire et opte, comme lui à ses débuts, pour la Légion étrangère. Sous-lieutenant légionnaire, il est affecté au 3e régiment étranger d’infanterie (3e REI). À 22 ans, il rejoint le théâtre indochinois alors que la guerre approche de son dénouement.

Diên Biên Phu : la blessure du 20 mars 1954

La bataille de Diên Biên Phu s’engage dans la nuit du 13 au 14 mars 1954 par l’assaut viêtminh sur le point d’appui Béatrice. Alain Gambiez y combat avec le 3e bataillon dans la cuvette assiégée. Le 20 mars 1954, une semaine à peine après le début des combats, il est grièvement blessé d’une balle au genou. Le JMO de ce jour mentionne parmi les pertes : 5 tués, 1 disparu, 8 blessés dont sous-lieutenant GAMBIEZ blessé d’une balle au genou.

Sa blessure, suffisamment sérieuse pour nécessiter une évacuation sanitaire, le contraint à attendre, dans des conditions précaires, qu’un hélicoptère vienne le chercher. Or, à cette date, l’aviation de transport et les hélicoptères opèrent déjà sous un feu antiaérien extrêmement violent, l’artillerie viêtminh dissimulée dans les contreforts ayant rendu la piste d’aviation pratiquement inutilisable.

Le 23 mars 1954, trois jours après sa blessure, l’évacuation du jeune sous-lieutenant est enfin tentée. L’adjudant-chef Bartier, pilote d’hélicoptère, vient déposer des caisses médicales et embarque le lieutenant Gambiez mais les Viêts ont eu le temps d’ajuster leurs tirs. L’adjudant-chef installe le blessé au genou et donne le feu vert au décollage. 

Dès le tir d’obus, l’appareil décolle ; à 50 m de la DZ, un deuxième obus de 105 mm atteint l’hélicoptère au-dessus de l’emplacement de l’artillerie, à 10 m de haut. L’appareil prend feu sous le ventre : un gros éclat traverse le réservoir d’essence qui s’enflamme. À l’intérieur, l’adjudant-chef Bartier a la jambe sectionnée en dessous du genou, et un trou dans le plancher laisse s’échapper les flammes. 

L’hélicoptère tombe dans les barbelés et se couche sur le côté gauche. Le sergent Bernard est éjecté, blessé d’une fracture des côtes ; Bartier est extrait de l’appareil en feu en le tirant par le bras, aidé par un légionnaire du III/3e REI au sol. Mais pour Alain Gambiez, immobilisé par sa blessure au genou, aucun secours n’est possible : le sous-lieutenant Gambiez périt dans les flammes ; son corps ne fut pas rapatrié. 

Il avait 23 ans. 

Décorations 

Pour son comportement au feu, le sous-lieutenant Alain Gambiez fut décoré, à titre posthume comme pour les actions précédant sa blessure, de la croix de guerre avec étoile d’argent, de la croix de guerre avec palme et de la croix de vaillance avec palme. 

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Journal de marche et d'opérations