Vietnam : La guerre aérienne (VORTEX)

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Après le prélude signé Pierre Journoud et l’article de Jean-Charles Foucrier sur les bombardements alliés en Indochine durant la Seconde Guerre mondiale, la revue ouvre sa partie centrale consacrée à la guerre aérienne franco-vietminh de 1946 à 1954.

Oscar Macaigne inaugure cette séquence en étudiant l’utilisation du napalm par les forces aériennes françaises. Il montre comment cette arme, d’abord relativement efficace, voit sa portée diminuer à mesure que le Vietminh apprend à s’en protéger, au point de perdre tout caractère décisif lors de la bataille de Diên Biên Phu.

Rémi Mazauric prend ensuite le relais avec une étude consacrée aux opérations aériennes menées dans le delta du fleuve Rouge, au Tonkin. Après avoir rappelé l’importance stratégique de cette région pour les deux belligérants, il analyse les missions d’appui aux troupes au sol assurées par l’armée de l’Air. Sa conclusion est nuancée : la puissance de feu, aussi impressionnante soit-elle, ne suffit pas à garantir la victoire dans un conflit de contre-insurrection.

Impossible d’évoquer la guerre d’Indochine sans s’arrêter sur Diên Biên Phu. Le colonel vietnamien Nguyen Manh Hà y consacre son article, centré sur le rôle de la défense antiaérienne (DCA) vietminh. Il décrit à la fois les moyens déployés pour repousser l’aviation française et la coordination étroite entre fantassins et servants de canon, déterminante pour faire échouer les contre-attaques terrestres françaises.

La partie se referme sur deux témoignages qui donnent une dimension humaine au récit. Élisabeth Gras, convoyeuse de l’Air, raconte la tension des vols d’évacuation sanitaire au-dessus de la cuvette de Diên Biên Phu, alors que l’artillerie vietminh se rapprochait des blessés massés aux portes de l’avion. Le vice-amiral Bernard Klotz, figure récurrente des récits sur la bataille, revient sur l’optimisme initial des Français, le choc des premiers combats, puis son séjour « involontaire » dans le camp retranché à partir du 23 avril 1954.

Ensemble, ces quatre textes offrent un panorama à la fois stratégique et incarné de la guerre aérienne en Indochine : l’évolution des moyens (napalm, appui-feu), la réalité du terrain tonkinois, la réponse antiaérienne vietnamienne et l’expérience vécue des aviateurs français. Ils rappellent aussi une conclusion centrale du numéro, qui trouvera un écho dans la partie suivante consacrée au Vietnam : la supériorité aérienne, même écrasante, ne garantit pas la victoire face à un adversaire déterminé et adaptable.


VORTEX est la revue semestrielle institutionnelle de l’armée de l’Air et de l’Espace. Dédié à la réflexion, nationale et internationale, dans le domaine de la puissance aérienne et spatiale, cet ouvrage est publié en français et en anglais.

L’objectif de la revue est de favoriser les échanges urbi et orbi sur les aspects politiques, stratégiques, mais aussi opératifs de la puissance aérospatiale, puissance qui a réussi à s’imposer en à peine plus qu’un siècle comme un des éléments structurants des guerres et crises modernes.

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