1945
- Premiers parachutages en Indochine (fin 1944 – début 1945).
- Les bataillons SAS :
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En octobre 1945, le général Leclerc, convaincu de l’efficacité des troupes aéroportées et de leur avenir en Indochine, réclame au Gouvernement l’envoi d’unités parachutistes au Corps Expéditionnaire. Satisfaction lui est donnée le mois suivant avec la décision de créer un groupe de bataillons de choc de type SAS, dont le commandant du 2e RCP, le lieutenant-colonel Paris de Bollardière, doit prendre la tête.
La mise sur pied commence le 15 janvier 1946 par la création d’une compagnie de volontaires du 2e RCP, recrutés au sein de la 25e DAP. La compagnie va s’étoffer jusqu’à constituer un bataillon léger, issu du Régiment. A cette image, les deux autres régiments parachutistes existants à l’époque (le 1er RCP et le Régiment d’Infanterie de Choc Aéroporté, créé le 1er octobre 1945 à partir des Bataillons de Choc et des Groupes de Commandos de la 1re Armée) sont appelés à fournir une compagnie de volontaires. En outre, les trois corps détacheront les éléments nécessaires à la formation de l’unité de commandement. Les compagnies ainsi constituées comprendront un groupe de commandement et huit sticks divisés en deux pelotons. Leur encadrement sera fortement étoffé.
Le 1er Bataillon SAS, mis sur pied à Mont-de-Marsan aux ordres du chef d’escadrons Mollat de l’État-Major du RICAP, et composé, outre les éléments de commandement, de la 1re Compagnie (capitaine Charvet) issue du 1er RCP et de la 2e Compagnie (capitaine Vervelle) venant du 2e RCP, embarque le 4 février à Toulon à bord des croiseurs Gloire et Suffren. Il arrive à Saïgon le 27 février et s’installe dans les faubourgs de la ville, à un kilomètre au nord de Phu Nuan.
Puis, début avril, les trois régiments constituent, toujours à Mont-de-Marsan, une nouvelle unité, le 2e Bataillon SAS, dont le chef est le commandant de Maurepas : le 1er RCP forme la 1re Compagnie (capitaine Bodolec) dotée de jeeps armées en provenance du RICAP ; le 2e RCP, la 2e Compagnie (capitaine Moulié) ; le RICAP, la 3e Compagnie (capitaine Toce).
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Création d’unités autochtones
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Les premières unités parachutistes à recrutement autochtone, mais encadrées par des officiers et sous-officiers français apparaissent dès le mois de mai 1946 au Laos. Il s’agit de deux sections constituées, la première au sein de la 3e Compagnie du 1er BCL, la seconde au sein du Commando 5 du 2e GCL.
Dans le courant de l’année 1947, le Commandement, à la demande du lieutenant-colonel de Bollardière, dont les bataillons n’avaient jusque-là que quelques guides et interprètes autochtones, décide d’intensifier le recrutement.
A partir du mois de juillet, commencent, à Saïgon, Phnom Penh, Thakhek et Vientiane, les stages d’instruction des volontaires qui doivent être intégrés à la DB SAS ou former les unités parachutistes de l’Armée Royale Khmère et de l’Armée Nationale Laotienne. C’est ainsi que, successivement, sont mis sur pied :
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à Phnom Penh, une section parachutiste au sein du Régiment Mixte du Cambodge sous le commandement du lieutenant Engels ;
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à Saïgon, l’Escadron parachutiste de la Garde Républicaine Cochinchinoise (Garde du Viet-Nam Sud en mars 1948) dont la création répond à un souhait personnel de Le Van Hoach, président de la République de Cochinchine. Ses éléments sont brevetés le 9 août et placés sous les ordres du capitaine Richard ;
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à Thakhek, la 3e Compagnie du 1er BCL.
Le 1er janvier 1948, le 1er BCCP est renforcé par l’apport d’une compagnie autochtone qui prend le titre de « Compagnie Indochinoise Parachutiste » (CIP). Après le rapatriement du Bataillon, la 1re CIP est affectée au 5e BCCP puis, le 1er octobre, le Bataillon er de Commandement de la 2e DBCCP se l’adjoint sous l’appellation de « Compagnie Parachutiste Autochtone ».
Dans le Nord, début septembre 1947, la DBMP entreprend également la mise sur pied de plusieurs sections autochtones, à base de montagnards principalement. Deux sections thô, une section thaï et une section nung voient le jour dans les semaines qui suivent.
Simultanément, le sous-lieutenant Francini du I/1er RCP constitue avec des éléments de l’Escadron muong, une section dénommée « Section d’élite autochtone parachutiste d’Hoa Binh ». Ses hommes sont brevetés le 20 septembre.
Pour leur part, les Coloniaux décident de recruter dans les rangs du Bataillon de Marche Indochinois (BMI) des volontaires pour former une unité à vocation aéroportée. Ceux-ci se regroupent à partir du 24 septembre au sein de la 4e Compagnie du Bataillon, appelée « Compagnie Vy », du nom de son chef, le lieutenant Nguyen Van Vy. A la mi-août 1948, elle est affectée pour emploi à la 2e DBCCP, et en octobre, prend la dénomination de « Compagnie Tonkinoise Parachutiste ». Remontée au Tonkin en décembre, elle est mise à la disposition du II/1er RCP en attendant l’arrivée d’un bataillon parachutiste colonial.
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LE BATAILLON PARACHUTISTE EN INDOCHINE
1/ ORGANISATION
L’unité de base des Troupes aéroportées en Indochine est le bataillon d’infanterie parachutiste, employé comme unité parachutiste, mais surtout comme infanterie de la Réserve générale du Commandant en chef.
La cellule de base du bataillon est le « stick » (groupe de combat) à 15 hommes, soit :
- un chef de stick,
- un adjoint,
- une équipe FM, (4 hommes)
- une équipe voltigeur, (3 hommes)
- une équipe destruction, (2 hommes)
- une équipe lance-grenades, (3 hommes)
- un tireur d’élite (fusil à lunette).
Trois sticks forment un Commando (section) soit 50 hommes dont :
- un officier, chef du commando,
- un sous-officier adjoint,
- un observateur,
- deux agents de Transmissions (poste SCR 536).
Le Groupe de Commandos (compagnie) est articulé en :
- deux commandos, puis trois (dont un autochtone)
- une section de commandement comprenant :
- un groupe lourd (deux mortiers de 60 ou un mortier de 60 et une mitrailleuse de 30)
- une équipe « Transmissions » (un SCR 536 et un SCR 300).
La Compagnie autochtone est formée par :
- trois commandos (encadrement français)
- une section de commandement
Le bataillon parachutiste type « Union française » est formé par :
- trois (puis deux) GC européens
- une compagnie autochtone (CIP)
- une compagnie de commandement groupant tous les services et
- un groupe de deux mortiers de 81,
- une section « Transmissions » (postes SCR 300 et SCR 594)
soit : 446 Français ou Légionnaires / 406 Indochinois
Le bataillon parachutiste de relève se forme en six mois et part en Indochine avec un effectif de 450 hommes :
- une compagnie de commandement,
- une compagnie-cadre,
- deux GC à deux commandos.
A son arrivée, il reçoit la CIP du bataillon relevé, qui prend le numéro du nouveau bataillon, des renforts autochtones individuels.
2/ ARMEMENT
Il comprend :
- des armes légères de combat rapproché (fusil MAS 36/CR 39, carabine US, PM, lance-grenades 50…),
- moins de FM que le bataillon d’infanterie normal,
- deux mortiers de 60 par compagnie (mais trois compagnies au lieu de quatre)
- de l’armement lourd (mitrailleuse de 30, mortier de 81, canon de 57 SR) à la Compagnie de Commandement.
A partir de 1951, une compagnie d’appui dotée de canons de 75 SR et de lance-flammes existera à la BAPN.
3/ SERVITUDES
Le bataillon parachutiste, unité de Réserve générale sélectionnée, est un capital précieux à ne pas gaspiller. Il est soumis aux servitudes propres à toute unité aéroportée :
- conditions atmosphériques favorables (vent au sol inférieur à 8 mètres/seconde, plafond),
- zone de saut favorable,
- saut par lui-même très éprouvant (dépense d’énergie égale à 8 heures de travail),
- regroupement : un stick s’échelonne sur 800 mètres environ et un bataillon se regroupe, en temps normal, en 30 ou 40 minutes,
- obligation de récupérer les parachutes, leur nombre étant strictement limité, puis de les évacuer ; ce sera un des plus lourds handicaps qui pèsera sur les unités parachutistes jusqu’à la mi-1953,
- problème des transports écrasant pour une unité larguée dans la nature (transport des blessés, des munitions, des vivres et du matériel lourd).
En outre, en Indochine, il est soumis :
- au climat qui amène une fonte rapide des effectifs (de 10 à 60 %) à la fin d’un séjour de deux ans, d’où nécessité d’effectifs et de moyens de maintenance,
- à la nécessité, pour mieux s’adapter, d’intégrer des autochtones dans les unités.
Enfin la servitude la plus grave, avec la récupération des parachutes, découle du manque d’appareils de transport (il faut 32 C-47 pour transporter un bataillon). Ainsi, pendant le courant de l’été 1952, le Commandant en chef, désireux de reprendre l’offensive, mettra comme condition à l’exécution de toute opération aérienne la possibilité de parachuter 3 bataillons, soit environ 2 400 hommes, en une seule vague. Pour répondre à ce désir, il aurait fallu disposer de 100 Dakota alors que les Forces Aériennes d’Indochine n’en avaient que 50, auxquels s’ajoutaient une vingtaine de vieux Junker 52.
| Fin 1944 Début 1945 |
Parachutages de groupes de guérillas, instruits aux Indes par les Britanniques, sur le Laos et les Hauts Plateaux. |
| 1945 | Les bataillons SAS |
| Fin février 1946 | Arrivée du 1er bataillon SAS à Saïgon. |
| 24 avril 1946 | Saut sur Vientiane de 250 hommes du bataillon SAS. |
| 13 mai 1946 | Saut sur Louang Prabang de 80 hommes. |
| Juin 1946 | Arrivée du 2e bataillon SAS. La 1re Demi-Brigade de Commandos Para SAS, sous les ordres du colonel de Bollardière, est regroupée. |
| 8 août 1946 | Saut sur Siem Reap (Cambodge) de 80 hommes. |
| 1er novembre 1946 | Création de la Demi-Brigade coloniale de commandos parachutistes (SAS). |
Du coup de force Vietminh à la bataille de la RC4 (1946-1950)
Reprise de l’initiative (1951 – été 1952)
| 14 – 17 janvier 1951 | Bataille de Vinh-Yen (10e BPCP) puis bataille de Son Tay (2e GCCP et 2e BEP). |
| 1er mars 1951 | Les GCCP deviennent bataillons de parachutistes coloniaux. Les TAPN comprennent alors les : 1er, 2e, 3e, 6e et 7e BPC, 1er et 2e BEP, 8e Choc et 10e BPCP. |
| 15 avril 1951 | Le 9e BPC devient centre d’instruction des troupes aéroportées en Indochine. Tous les paras colos et métros portent le béret amarante. Les BEP conservent le képi blanc. |
| 30 mai 1951 | Bataille du Day, dégagement de Ninh Binh par le 7e BPC. |
| 1er mai 1951 | Création du Groupement de commandos mixte aéroportés. |
| Août 1951 | Création du 1er BPVN en Cochinchine. |
| Octobre 1951 | Création du 1er BP laotiens. |
| 2 – 6 octobre 1951 | Opérations « Rémy », « Thérèse » et « Bruno » pour contrer la menace sur Nghia Lo : saut des 8e BPC, 2e BEP et 10e BPCP. |
| OFFENSIVE DANS LE NORD | |
| Novembre 1951 | Début de la bataille de Hoa-Binh. |
| 10 novembre 1951 | Opération « Tulipe » : engagement du 1er BEP sur Cho Ben. |
| 14 novembre 1951 | Opération « Lotus » : les 1er, 2e et 7e BCP s’emparent d’Hoa Binh. |
| 26 novembre 1951 | Opération « Delphine » : le 7e BPC saute en renfort à Phu To. |
| 10 décembre 1951 | Opération « Valérie » : le 10e BPCP saute en renfort à Phat Diem. |
| 23 décembre 1951 | Le 1er BPVN saute à Bavi. |
| 3 janvier 1952 | Le 2e BPC saute en renfort à Hoa Binh. |
| OFFENSIVE EN COCHINCHINE | |
| 25 avril 1952 | Opération « Chaumière » : le 1er BPVN saute au nord-est de Tay Ninh. |
| 15 mai 1952 | Opération « École » : le 1er BPVN saute à Nguyen Moc. |
| OFFENSIVE SUR LA COTE | |
| 28 juin 1952 | Opération « Glaïeul » : le 5e BPC saute dans la région de Dong Trieu. |
| 4 septembre 1952 | Opération « Caïman » : le 3e BPC saute sur la « Rue sans Joie ». |
| Septembre 1952 | Création du 3e BPVN au Tonkin. |
| Décembre 1952 | Création du 1er bataillon parachutiste khmer. |
L’offensive Vietminh (automne 1952)
| 16 octobre 1952 | Saut du 6e BPC à Tu Le. |
| 9 novembre 1952 | Opération « Marion » : coup de main sur Phu Doan, dans le cadre de l’opération « Lorraine », des 1er et 2e BEP, et du 3e BPC. |
| Décembre 1952 | Bataille de Na San : 3e BPC et 2/1er RCP. |
| 15 – 17 décembre 1952 | Opération « Noël » : engagement du 1er BPL sur Sam Neua. |
Le répit
| Avril – mai 1953 | Création des GAP. |
| Mai 1953 | Aérotransport du 2/1er RCP sur la plaine des Jarres. Bataille de Yen Vi : 8e Choc. |
| 17 – 21 juillet 1953 | Opération « Hirondelle » : raid sur Lang-Son des 2e BEP, 2e BPC et 8e Choc. |
| 29 juillet 1953 | Opération « Camargue » : raid sur la » Rue sans Joie » des 2/1er RCP et 3e BPVN. |
| Septembre 1953 | Création des 5e et 7e BPVN au Tonkin. |
| 31 octobre 1953 | Arrivée du groupe de marche du 35e RALP et de deux compagnies de génie. |
| 16 novembre 1953 | Création de l’EDAP en remplacement des TAPN. |
| 20 – 22 novembre 1953 |
Opération « Castor » : largage sur Diên Biên Phu de 6 bataillons : 1er et 6e BPC, 8e Choc, 1er BEP, 1/1er RCP, 5e BPVN. |
La fin
| 13 mars 1954 | Attaque Viet-Minh sur Diên Biên Phu, saut du 5e BPVN |
| 16 mars 1954 | Saut du 6e BPC. |
| 1 – 5 avril 1954 | Saut du 2/1er RCP. |
| 10 avril 1954 | Saut du 2e BEP. |
| 7 mai 1954 |
Chute de Diên Biên Phu. |
| Mai 1954 | – Création du 6e BPVN au Tonkin. – Arrivée du 3e BEP. |
| Juillet 1954 | Création du GCPL au Laos. |
| 15 septembre 1954 | Dissolution de l’EDAP. |
| 11 août 1954 | Dissolution des GAP. |
| 1er janvier 1955 | Les TAPI deviennent BAPEO. |








