14 septembre 1956 : départ des derniers éléments militaires français d’Indochine.

Partager

Le 14 septembre 1956, le dernier soldat français quitte l’Indochine. Les pertes militaires françaises sont évaluées à plus de 47 000 soldats, dont le mémorial de Fréjus commémore aujourd’hui le souvenir, ainsi que le monument élevé à l’initiative d’un ancien sous-officier de la Légion sur le site de Diên Biên Phu.

Le décret n° 2005-547 du 26 mai 2005 a institué une journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » en Indochine le 8 juin de chaque année.

Date

Étape du retrait

Zone géographique

Effectifs concernés

Précisions

21 juillet 1954 Signature des accords de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine. Genève (Suisse) ; Indochine. CEFEO : ~171 000 hommes + ~5 000 personnes des missions auprès des États associés. Cessez-le-feu entrant en vigueur le 22 juillet. Le retrait du CEFEO n’est pas encore à l’ordre du jour ; les accords prévoient le regroupement des forces au Nord et au Sud du 17e parallèle.
À partir de juillet 1954 Préparation de l’évacuation de la zone au nord du 17e parallèle — opération « Saumon ». Nord Viêt-nam (Tonkin) ; zone nord du 17e parallèle ; Hanoï. Démarrage de la déflation des effectifs. Les accords accordent 300 jours au CEFEO pour évacuer le Nord Viêt-nam, dont 100 jours pour Hanoï. Déflation spontanée par désertions de soldats autochtones (ex. : 52 % du potentiel au 62e bataillon du génie).
14 août 1954 Accord de Trung Gia sur l’échange des prisonniers. Trung Gia (Tonkin). Échange de prisonniers franco-vietnamiens et Viêt-minh. Accord entre l’armée française et le Viêt-minh pour l’échange des prisonniers de guerre.
19 août 1954 Début des opérations d’échange de prisonniers. Tonkin. Mise en œuvre de l’accord de Trung Gia.
9 septembre 1954 Départ des troupes françaises de Hanoï. Hanoï (Tonkin). Une partie des unités rapatriée en métropole, une autre redéployée vers le Sud Viêt-nam ou l’AFN. Prélude à la remise de la capitale aux autorités du Viêt-minh.
9-10 octobre 1954 Évacuation et remise de Hanoï au Viêt-minh. Hanoï (Tonkin). Le pavillon français est amené une dernière fois le 8 octobre. Entrée du Viêt-minh à Hanoï le 10 octobre. Un fort contingent reste dans la « zone des 300 jours ».
Octobre 1954 — mai 1955 Fonctionnement des organismes d’évacuation des réfugiés ; tête de pont de Haïphong. Hanoï ; Haïphong ; Nord Viêt-nam ; Sud Viêt-nam. ~330 000 réfugiés lors de la première vague (117 000 par voie aérienne, 103 000 par voie maritime ; ~110 000 transférés par la marine américaine). Le CEFEO organise le transport, l’accueil et le transfert des populations fuyant le Nord. Au total, 800 000 à 1 million de personnes fuient le Nord Viêt-nam entre octobre 1954 et mai 1955.
Automne 1954 Fixation des effectifs théoriques du corps expéditionnaire regroupé dans le Sud. Sud Viêt-nam (Cochinchine). Objectif : 75 000 hommes. Déflation devant se poursuivre par tranches de 5 000 hommes, sur décision gouvernementale.
Octobre 1955 Poursuite de la réduction des effectifs du CEFEO. Sud Viêt-nam. ~45 000 hommes. Le CEFEO est réarticulé en 4 divisions au début de 1955, puis 2 divisions à la fin de l’année.
26 janvier 1956 Demande officielle sud-vietnamienne de retrait des troupes françaises. Saïgon ; Paris. Le gouvernement de Ngô Đình Diệm fait savoir que la présence militaire française n’est plus souhaitée. La France dispose de 6 mois pour rapatrier les derniers contingents ; échéance fixée à fin juin 1956.
Début 1956 Dernière phase du retrait du CEFEO. Sud Viêt-nam. ~30 000 soldats + ~5 000 autochtones. Rythme moyen de rapatriement : 7 000 hommes par mois vers la métropole ou l’AFN, principalement par voie maritime.
10 février 1956 Appareillage du navire Pasteur pour sa dernière rotation militaire. Marseille → Indochine. Le Pasteur a assuré à lui seul un tiers des transports militaires du CEFEO. Départ de Marseille pour la dernière rotation.
15 mars 1956 Dernier adieu du Pasteur à l’Indochine. Indochine. Voyage de retour du navire vers la France.
1er avril 1956 Départ des derniers éléments du CEFEO de Saïgon. Saïgon (Sud Viêt-nam). Reste seulement de petites missions d’instruction de l’armée de l’Air et de la Marine. Les restes du corps expéditionnaire quittent Saïgon ; seules subsistent des missions de formation.
10 avril 1956 Dernière cérémonie publique du CEFEO à Saïgon. Saïgon (Sud Viêt-nam). 5 détachements symboliques représentant les trois armées. Le général Jacquot, dernier commandant en chef, organise dépôt de gerbe au monument aux morts et défilé. Présentée comme l’« ultime manifestation » de la présence française en Extrême-Orient. La radio « La Voix des forces françaises en Extrême-Orient » cesse d’émettre le 11 avril à minuit.
28 avril 1956 Dissolution du haut commandement français en Indochine et dissolution du CEFEO. Saïgon ; Indochine. Il reste ~3 000 militaires français. Dissolution officielle opérée par le général Pierre-Élie Jacquot. Les dernières troupes du corps expéditionnaire s’embarquent à Saïgon. La présence militaire se limite désormais à la garnison de la base aéroterrestre de Seno (Laos) et aux militaires chargés des questions administratives et financières.
Fin avril 1956 Réduction à un dispositif résiduel. Seno (Laos) ; Saïgon. ~3 000 militaires français. Les 3 000 militaires restants sont membres de différents organes liquidateurs et instructeurs détachés auprès des forces armées vietnamiennes (FAVN), en attendant leur relève par du personnel américain.
Fin juin 1956 Achèvement prévu du rapatriement des derniers contingents. Sud Viêt-nam → métropole ; AFN. La plupart des militaires encore présents sont rapatriés. Échéance du délai de 6 mois fixé par le gouvernement sud-vietnamien en janvier 1956.
14 septembre 1956 Départ du dernier contingent résiduel — départ définitif. Saïgon (Sud Viêt-nam). Dernier contingent résiduel (~3 000 militaires initialement, réduits progressivement). Le dernier soldat français quitte l’Indochine, presque un siècle après la prise de Saïgon par l’amiral Rigault de Genouilly en 1859. Fin de la présence militaire française en Indochine. La garnison de Seno (Laos) subsiste toutefois jusqu’à l’été 1963.

Lire plus

Journal de marche et d'opérations