Jean, Michel, Marie, Nicolas Doë de Maindreville naît le 14 juillet 1925 à Strasbourg, dans le Bas-Rhin. Il a 15 ans lorsque l’Alsace passe sous l’autorité allemande en 1940, et 19 lorsqu’il choisit la mer : il entre en service le 10 août 1944 par la voie de l’École navale, quelques semaines avant la libération de sa ville natale.
Il suit la scolarité de l’École navale de 1944 à 1946, puis embarque en 1946-1947 sur le croiseur Jeanne d’Arc, qui sert alors d’école d’application des enseignes de vaisseau. Il est nommé enseigne de vaisseau de 2e classe le 15 septembre 1946, puis de 1re classe le 15 septembre 1948.
Avant d’être aviateur, Jean de Maindreville connaît l’Indochine comme officier de surface. En 1948, il est affecté sur l’aviso Chevreuil, rattaché à la Division navale d’Extrême-Orient à Saïgon. En 1949, il sert sur le dragueur de mines Géranium, toujours au sein de la DNEO. Sa citation posthume rappellera qu’il avait déjà fait une campagne de guerre en Indochine entre 1947 et 1949, et qu’il avait déjà été cité.
Rentré en métropole, il est affecté en 1950 sur le croiseur Montcalm, au groupe des croiseurs de Toulon.
Le tournant de sa carrière intervient en 1951. Il part aux États-Unis pour suivre la formation de l’école de pilotage de Pensacola, en Floride. En 1952, il obtient le brevet d’aéronautique et la qualification de pilote d’aéronautique navale, et il est promu lieutenant de vaisseau le 1er août de la même année.
Il rejoint alors la flottille 1F, basée à Hyères dans le Var, où il sert en 1952 et 1953. Cette affectation le place au cœur d’une transformation : la flottille 11F est créée officiellement sur la base de la 1F, dont elle reprend le personnel, le matériel, les missions et les traditions, avant d’être envoyée sans délai en Indochine où elle prend part à la défense de Diên Biên Phu. Elle hérite des traditions de l’escadrille B102 de la Grande Guerre, ce qui en fait la plus ancienne unité de chasse de l’aéronavale, et vole sur Grumman F6F Hellcat de juin 1953 à janvier 1955.
Chef de patrouille de la 11F
À bord du porte-avions Arromanches, Jean de Maindreville repart pour l’Extrême-Orient comme chef de patrouille. Pendant la bataille, les Hellcat de la 11F opèrent depuis l’Arromanches, qui croise au large de Tourane, et depuis le terrain de Cat Bi, près de Haïphong, aux côtés des Helldiver de la flottille 3F. Selon sa citation, il participe à toutes les opérations aériennes de la flottille depuis octobre 1953, et s’impose par son courage, sa ténacité et une autorité à la fois bienveillante et ferme qui lui vaut l’attachement de ses hommes.
Le 13 mars 1954
Ce jour-là, la division viêt-minh 312 lance un violent assaut sur le nord du camp retranché de Diên Biên Phu, et les Hellcat de la 11F reçoivent une mission de bombardement en appui de la garnison. Les conditions sont exécrables. Malgré un plafond d’environ 200 pieds, le lieutenant de vaisseau Doë de Maindreville, aux commandes du F6F-5 Hellcat n° BuAer 94027 codé 11F-23, attaque une batterie d’artillerie ennemie et lui délivre ses bombes.
C’est au retour que le drame survient. Le circuit de Cat Bi est saturé et il ne peut se poser. Après une demi-heure d’attente, il tente de percer la couche nuageuse et son appareil heurte un piton rocheux de l’île des Merveilles, en baie d’Along. Il avait 28 ans. Il est l’un des tout premiers aviateurs de la Marine tués au cours de la bataille, qui commence ce même jour ; le lieutenant de vaisseau Jean-Dominique Andrieux, commandant la flottille 3F, disparaîtra à son tour le 31 mars, abattu par la DCA près du col des Méos.
Son corps est retrouvé le 21 mars 1954 sur l’île des Merveilles et déposé au dépositoire de Haïphong, avant d’être rapatrié en France en 1955. Son acte de décès, établi à bord de l’Arromanches, est transcrit le 4 août 1954 à l’état civil du 16e arrondissement de Paris, avec la mention « Mort pour la France ».
Par décision du 15 avril 1954, il est cité à l’ordre de l’armée de mer, citation qui comporte l’attribution de la croix de guerre des TOE avec palme. Le texte le présente comme un officier d’élite et un pilote de porte-avions accompli, tombé au retour d’une mission « particulièrement périlleuse sur Diên Biên Phu ». Il dresse aussi le bilan de sa carrière d’aviateur au 13 mars 1954 : 859 heures de vol, 144 appontages, 161 heures de vol de guerre et 56 missions.
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Par décision du 15 avril 1954, le lieutenant de vaisseau Doë de Maindreville a reçu à titre posthume la citation suivante à l’ordre de l’armée de Mer :
« Officier d’élite, doué des plus belles qualités d’intelligence et de cœur, ayant déjà effectué une précédente campagne de guerre en Indochine de 1947 à 1949. Pilote de porte-avions accompli, a participé brillamment comme chef de patrouille à toutes les opérations aériennes de la 11e Flottille de chasse embarquée, depuis octobre 1953 ; a su s’imposer à tous par son courage et sa ténacité et gagner, par son autorité bienveillante et ferme, l’affectueux attachement de ses subordonnés.
A trouvé la mort le 13 mars 1954, au retour d’une mission particulièrement périlleuse sur Dien Bien Phu, exécutée malgré des conditions météorologiques extrêmement défavorables.
Restera pour tous ses camarades de combat un exemple des plus hautes vertus morales et militaires. Déjà cité, totalisait au 13 mars 1954, 859 heures de vol et 144 appontages, dont 161 heures de vol de guerre et 56 missions.«
Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre des TOE avec palme.
Par décret du 4 octobre 1954 (JO du 14 octobre 1954), il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.







