GUILLEMINOT Henri

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Henri Jean Laurent Guilleminot naît à Strasbourg le 2 décembre 1926 et meurt au champ d’honneur le 24 juin 1958 en Petite Kabylie, à l’âge de 32 ans. Commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de 14 citations et de 5 blessures récoltées au cours des trois guerres (39-45, l’Indochine et l’Algérie) ses hommes et ses pairs l’appelaient « Le Héros ». Son nom reste attaché à Saint-Cyr, dont il est le parrain de la promotion 1975-1977. 

En 1943, impatient de participer à la libération du pays, Guilleminot abandonne sa classe préparatoire à Saint-Cyr pour entrer dans la Résistance. Il passe par le maquis de Lorris, dans la forêt d’Orléans, puis rejoint les FFI de Saône-et-Loire, où, à 17 ans, il est nommé sous-lieutenant des FFI. À l’été 1944, il s’engage dans le 1er régiment de Bourgogne au sein de la 1re Armée française et y obtient deux citations. Blessé en janvier 1945, il termine la guerre au 35e régiment d’infanterie, où il sert à partir de mars 1945. 

Du 3 juillet au 31 décembre 1945, il suit les cours de l’École interarmes de Coëtquidan avec la promotion Victoire. Devenu sous-lieutenant, il effectue un premier séjour en Indochine de juillet 1946 à janvier 1949. Servant en haute région avec le 1er bataillon thaï, il y est blessé à deux reprises, cité quatre fois, et fait chevalier de la Légion d’honneur (décret du 30 décembre 1948).

Revenu pour un second séjour de l’été 1949 à l’été 1952, le lieutenant Guilleminot commande une compagnie thaï. De nouveau blessé, il reçoit trois citations supplémentaires.

Na San et Diên Biên Phu

Nommé capitaine, il entame fin novembre 1952 un troisième séjour et arrive dans le camp retranché de Na San en pleine bataille. En décembre 1952, il mène une contre-attaque décisive qui empêche la dernière grande offensive du Viêtminh de percer le dispositif.

À Diên Biên Phu, il commande la 12e compagnie du 3e bataillon thaï, chargée de défendre le point d’appui Anne-Marie. Après la désertion de son unité, il prend le commandement de la 3e compagnie du 5e « Bawouan » (5e BVPN). Aux côtés de la 2e compagnie du lieutenant Phạm Văn Phú, il participe à la reprise du point d’appui Eliane 1 dans la nuit du 10 au 11 avril 1954, lors des combats acharnés que les défenseurs avaient surnommés « les champs de La Marseillaise ». Blessé deux fois, il y gagne trois nouvelles citations.

Fait prisonnier à la chute du camp, il s’évade dès le lendemain de la capitulation, est repris cinq jours plus tard, puis libéré le 2 septembre 1954. Il avait été nommé officier de la Légion d’honneur par décret du 21 juillet 1954.

Suez, l’Algérie et la mort au combat

Sur sa demande, il devient instructeur auprès de la division Nung regroupée au Sud-Viêt Nam, où il sert jusqu’en juin 1955. En 1956, il prend part à l’expédition de Suez au sein de l’état-major du général Beaufre.

En Algérie, il rejoint le 2e régiment de chasseurs parachutistes (2e RCP) pour prendre le commandement de la 4e compagnie. Il n’en avait pas encore officiellement pris le commandement, mais, depuis une semaine, il la conduisait déjà lui-même. Le 24 juin 1958, le régiment mène une opération héliportée dans la région d’Akbou. Le capitaine Guilleminot survole le cirque des Ouazellaguen, dans le secteur imparti à sa compagnie dont il dirige les mouvements. Un hélicoptère s’abat brutalement dans le cirque des Ouazellaguen ; dans la carcasse broyée de l’engin tombé comme une pierre, Henri Guilleminot trouve la mort, alors qu’il était à la tête de ses hommes en opération. L’accident résulte de la collision d’un avion de chasse avec l’hélicoptère H-34, qui s’écrase, tuant l’officier, huit parachutistes et l’équipage. 

Il est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur le 13 novembre 1958.

Décorations

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