Fiche réalisée avec l’aide de l’ARDHAN.
—
L’Arromanches est un porte-avions léger dont l’histoire commence au Royaume-Uni. Sa construction débute le 1er juin 1942 au chantier naval Vickers-Armstrongs de Newcastle upon Tyne. Il s’agit du premier exemplaire et du prototype de la classe Colossus, une série de porte-avions légers conçus par la Royal Navy. Lancé le 30 septembre 1943 et mis en service en décembre 1944 sous le nom de HMS Colossus, le navire connaît une carrière de guerre brève sous pavillon britannique : après ses essais, il rejoint l’Eastern Fleet, puis la British Pacific Fleet engagée dans les opérations contre le Japon, avant de regagner l’Angleterre à la fin des hostilités.

Bâtiment d’environ 14 000 tonnes, le Colossus appartient à une génération de porte-avions légers que la Royal Navy peut produire plus rapidement et à moindre coût que ses grands porte-avions d’escadre. Cette taille modérée déterminera, des années plus tard, les limites de son emploi en Indochine, notamment la capacité de son groupe aérien et les contraintes liées à l’appontage d’appareils de plus en plus lourds.
En août 1946, le bâtiment est loué à la Marine nationale française pour une durée de cinq ans. En mars 1947, la Marine le rebaptise Arromanches, en référence à la commune normande qui a joué un rôle central lors du débarquement allié de juin 1944 et de la bataille de Normandie, où fut installé l’un des ports artificiels. Lors de son passage sous pavillon français, l’équipage du navire, hors personnel d’aviation, est en grande partie constitué de marins et d’officiers issus du cuirassé Richelieu. À l’échéance de la période de location, en 1951, la France achète définitivement le navire à la Royal Navy. L’Arromanches portera l’indicatif visuel R95 à partir de 1960.
Le porte-avions est conçu pour opérer en escadre : il doit apporter le soutien de son aviation embarquée lors d’opérations offensives, ou assurer la défense antiaérienne d’une formation navale en mer. C’est dans le premier de ces rôles, l’appui des opérations à terre, qu’il sera principalement employé en Extrême-Orient.
Les premières campagnes d’Indochine
L’engagement de l’Arromanches dans la guerre d’Indochine s’inscrit dans une succession de déploiements échelonnés sur plusieurs années. La guerre, qui oppose depuis 1946 le corps expéditionnaire français aux forces du Viêtminh dirigées par Hô Chi Minh et le général Vo Nguyên Giap, se caractérise par l’immensité du théâtre, la difficulté du terrain et l’éloignement des bases. Dans ce contexte, un porte-avions présente un intérêt opérationnel particulier : il peut rapprocher l’aviation des zones de combat en se déplaçant le long des côtes, là où les aérodromes terrestres sont rares, vulnérables ou trop éloignés.
L’Arromanches effectue une première campagne en novembre 1948-janvier 1949, embarquant la flottille 4F, équipée de dix bombardiers en piqué SBD Dauntless et de deux chasseurs Seafire, Cette mission dure trois mois, dont environ 6 semaines de combats, au cours desquels le groupe aérien effectue plus de 150 missions et plusieurs centaines d’heures de vol. Le porte-avions prend alors la relève du Dixmude, un bâtiment plus ancien et plus lent jugé moins adapté aux besoins du théâtre.
À la fin du mois d’août 1951, après son acquisition définitive par la Marine française, l’Arromanches repart pour une deuxième campagne d’Indochine (août 1951-juin 1952). Il est armé des flottilles 1F, dotée de chasseurs Grumman F6F Hellcat d’origine américaine, et 3F, équipée de bombardiers Curtiss SB2C Helldiver, eux aussi de fabrication américaine. Au fil des déploiements suivants, plusieurs flottilles se succèdent à son bord, parmi lesquelles les unités 9F, 11F, 12F et 14F.
La troisième campagne se déroule d’août 1952 à mars 1953 avec les flottilles 12F sur Hellcat et 9F sur Helldiver.
Le matériel aérien embarqué reflète la dépendance de la France à l’égard de l’aide américaine. À partir d’avril 1950, les États-Unis livrent à l’aéronautique navale française un grand nombre de chasseurs Hellcat. Le Hellcat est un chasseur embarqué développé en 1942 pour rivaliser avec le Zéro japonais. Le Helldiver, de son côté, est un bombardier en piqué biplace. Plus tard apparaîtront également des chasseurs Chance Vought F4U Corsair, à la silhouette reconnaissable, ainsi que des Corsair AU-1 prêtés par les Américains.
Cette montée en puissance de l’aéronavale française en Indochine s’accompagne du renfort de porte-avions supplémentaires loués par les États-Unis. Le La Fayette en 1951 et le Bois-Belleau en 1953, deux porte-avions légers américains prêtés à la France, participent ainsi aux opérations à partir de 1953. Le La Fayette et le Bois-Belleau sont des bâtiments dont les coques de croiseurs ont été transformées par l’ajout d’un hangar et d’un pont d’envol. Le 23 mars 1953, le La Fayette, sans flottille à bord, quitte Toulon pour l’Indochine pour remplacer l’Arromanches. Celui-ci est rentré à Toulon le 18 mars, laissant son groupe aérien, 9F et 12F, en Indochine, lequel embarque sur le La Fayette en avril et sera toujours à bord lors du retour du La Fayette à Toulon le 10 juin 1953.
Le déploiement de 1953-1954
Le quatrième et dernier déploiement de l’Arromanches le mènera à participer à la bataille de Diên Biên Phu qui commence à l’automne 1953. Le navire, commandé par le capitaine de vaisseau André Patou, quitte la France le 9 septembre 1953. Patou prend le commandement du bâtiment le 29 août 1953 et le conservera jusqu’au 14 octobre 1954. Officier de marine rallié à la France libre dès août 1940 à Alexandrie, il avait commandé le torpilleur La Combattante, qui transporta le général de Gaulle en Normandie le 14 juin 1944, et avait été fait Compagnon de la Libération par décret le 12 juin 1945. Il terminera sa carrière comme amiral et chef d’état-major de la Marine de 1968 à 1971.
Pour ce déploiement, l’Arromanches embarque deux flottilles : la 11F, qui n’est autre que l’ex-1F par changement de numéro en juin 1953 et équipée de chasseurs F6F Hellcat, placée sous le commandement du lieutenant de vaisseau de Castelbajac, et la 3F, dotée de bombardiers SB2C Helldiver, commandée par le lieutenant de vaisseau Marmier. Deux hélicoptères Sikorsky S-51 de la 58S sont aussi à bord pour les liaisons et le sauvetage. Les missions confiées au groupe aérien sont essentiellement des missions d’appui aérien rapproché et des frappes sur le nord du Vietnam. Dès le 5 décembre 1953, l’enseigne de vaisseau Robin est abattu et tué par des tirs au nord de Hanoï, illustration précoce de la menace que représente la défense antiaérienne adverse.

La situation géographique de l’Indochine impose à l’Arromanches une grande mobilité. À la fin de l’année 1953, après une courte période de repos prise pendant les fêtes, le porte-avions descend au large des côtes du Centre Annam pour participer à l’opération Atlante, une opération de diversion menée dans la zone côtière de Qui Nhon et sur les hauts plateaux d’Annam. Cette mission se prolonge jusqu’au 31 janvier 1954. Le bâtiment gagne ensuite Hong Kong pour un passage au bassin. Pendant cette période, la moitié du groupe aérien reste à bord tandis que l’autre rallie Vientiane afin de soutenir les garnisons du haut Laos, participant notamment au dégagement de Luang Prabang et de Muong Saï, attaqués par des régiments que Giap avait temporairement retirés du secteur de Diên Biên Phu.
La cuvette de Diên Biên Phu
Pour comprendre le rôle de l’Arromanches dans la bataille, il faut revenir à la conception même de l’opération de Diên Biên Phu. Dans l’esprit du général Henri Navarre, commandant en chef en Indochine de mai 1953 à juin 1954, Diên Biên Phu devait être une base aéroterrestre destinée à attirer et à fixer le corps de bataille du Viêtminh, afin de l’anéantir par la puissance de feu de l’artillerie et de l’aviation françaises. Le commandement français cherchait également à prévenir une nouvelle offensive du Viêtminh vers le Laos.
Le 20 novembre 1953, l’opération aéroportée « Castor » établit, dans une cuvette du nord-ouest du Tonkin proche de la frontière laotienne, un vaste camp retranché doté d’un aérodrome et de points d’appui. Au fil des semaines, la position est progressivement encerclée par d’importantes forces du Viêtminh. Le commandement français anticipe une attaque du camp retranché, dans l’espoir d’infliger un échec décisif à l’adversaire. Fin décembre 1953, la vallée est totalement encerclée. Plusieurs opérations menées au nord de la vallée pour desserrer l’étau n’aboutissent pas et se révèlent coûteuses en vies humaines.
La géographie de Diên Biên Phu constitue l’une des principales difficultés pour l’aviation française. Le site se trouve à une grande distance des points de départ des avions : les aéroports de Gia Lam, à Hanoï, et de Cat Bi, à Haïphong, ainsi que le mouillage de l’Arromanches en baie d’Along. Cet éloignement réduit le temps que les appareils peuvent passer au-dessus de la cuvette et complique l’ensemble des opérations de soutien aérien, qu’il s’agisse d’appui-feu ou de ravitaillement par parachutage.


L’engagement du groupe aérien dans la bataille
Dès le mois de janvier 1954, les flottilles de l’Arromanches commencent à intervenir contre les positions du Viêtminh autour de Diên Biên Phu. Au cours de l’hiver et du printemps, ces interventions deviennent de plus en plus fréquentes à mesure que la pression sur le camp retranché s’accentue.
Un premier accident marque l’engagement de la 11F. Le 13 mars 1954, jour où débute le pilonnage du camp retranché par l’artillerie du Viêtminh, quatre Hellcat de la flottille rentrent vers Cat Bi après une intervention menée malgré une défense antiaérienne renforcée. L’un d’eux, piloté par le lieutenant de vaisseau Doë de Maindreville, percute le sommet de l’île des Merveilles, dans la baie d’Along ; le pilote est porté disparu. À la suite de cet événement, la flottille 11F quitte le porte-avions pour s’installer à terre, sur la base de Cat Bi, près de Haïphong.
Le déclenchement de l’offensive générale du Viêtminh transforme les conditions de la bataille. Le 13 mars 1954 marque le début de ce que les sources décrivent comme l’asphyxie de la garnison : l’artillerie adverse, installée sur les crêtes entourant la cuvette, pilonne le camp retranché et rend rapidement les pistes d’atterrissage inutilisables. Privée de la possibilité de se poser, la garnison ne peut plus être ravitaillée que par parachutage, et l’appui aérien depuis l’extérieur devient vital.
Pendant cette phase, l’Arromanches mouille au large, en baie d’Along, tandis que ses flottilles opèrent depuis la terre ferme, à Cat Bi et à Bach-Maï. Ce dispositif, où le groupe aérien du porte-avions est débarqué pour intervenir depuis des bases côtières, illustre une particularité de l’emploi du bâtiment durant cette période : l’Arromanches sert autant de base de projection et de réservoir d’appareils et de pilotes que de plateforme d’appontage permanente.
Les pertes s’accumulent au cours du mois de mars. La flottille 11F perd, outre le lieutenant de vaisseau Doë de Maindreville, le lieutenant de vaisseau Lespinas, abattu le 15 mars au nord du point d’appui Castor. La flottille 3F perd quant à elle son commandant, le lieutenant de vaisseau Andrieux, le 31 mars, dont l’appareil s’écrase sur le point d’appui Gabrielle, victime de la défense antiaérienne.
Le mois d’avril 1954 est lui aussi marqué par de lourdes pertes pour les formations engagées. L’enseigne de vaisseau Laugier, de la 3F, s’écrase le 9 avril à proximité du point d’appui Claudine. Le lieutenant de vaisseau Klotz, de la 11F, touché le 23 avril par la défense antiaérienne, est contraint de sauter en parachute près de Diên Biên Phu ; récupéré par des légionnaires, il est fait prisonnier lors de la chute de la garnison. Le second-maître Robert, de la 11F, est abattu le 26 avril, fait prisonnier et meurt en captivité. Ces épisodes témoignent de l’intensité de la défense antiaérienne du Viêtminh, qui avait considérablement renforcé ses moyens autour de la cuvette.
Les opérations menées par l’aéronavale autour de Diên Biên Phu mobilisent par ailleurs des appareils basés à terre qui ne relèvent pas directement de l’Arromanches. La flottille 28F, équipée de bombardiers Privateer, intervient de jour comme de nuit et subit, elle aussi, des pertes dont celle d’un appareil abattu le 12 avril au nord du poste de Bankéo. La flottille 14F, équipée de Corsair, intervient sur la cuvette à partir de la base de Bach-Maï. Des équipages de la Marine sont en outre formés sur bombardiers B-26 pour armer des appareils de l’armée de l’Air, et participent aux missions sur Diên Biên Phu au sein des groupes de bombardement.
L’arrivée du Bois-Belleau et la chute du camp retranché
Au début du mois de mai 1954, alors que la bataille entre dans sa phase finale, le porte-avions Bois-Belleau rejoint l’Arromanches en Indochine. Le Bois-Belleau, ancien USS Belleau Wood prêté à la France, arrive dans le golfe du Tonkin et apporte un renfort d’appareils de combat. Le 1er mai 1954 correspond à une nouvelle attaque du Viêtminh contre le camp retranché.
Le camp de Diên Biên Phu tombe le 7 mai 1954, après 56 jours d’un siège marqué par le pilonnage de l’artillerie adverse et les assauts répétés de l’infanterie. La chute de la garnison constitue une défaite militaire majeure pour la France et pèse de façon décisive sur l’issue de la guerre et sur les négociations qui s’ouvrent peu après à Genève.
L’engagement de l’aéronavale ne s’achève pas avec la chute du camp. Le lendemain de la reddition, les appareils reprennent les missions d’interdiction sur les voies de communication. C’est au cours d’une mission de ce type que la flottille 28F perd un nouveau bombardier Privateer, abattu par la défense antiaérienne le 8 mai. Le porte-avions Bois-Belleau, qui doit gagner Hong Kong, laisse la 3F à Bach-Maï.
Pertes et bilan opérationnel
Sur l’ensemble de ses campagnes d’Indochine, l’Arromanches a accumulé un volume d’activité considérable et obtenu plusieurs distinctions. Le porte-avions fait état de cinq citations gagnées ainsi que d’environ 1 500 tonnes de bombes et de roquettes délivrées par son aviation au cours de ses engagements en Indochine. Au terme d’une carrière de 28 ans, toutes périodes confondues, le bâtiment aura parcouru environ 600 000 milles, totalisé près de 43 000 heures de navigation et 30 212 appontages.
Les pertes humaines subies par les flottilles engagées autour de Diên Biên Phu rappellent que l’appui aérien s’est déroulé dans des conditions de risque élevé. Aux noms déjà cités s’ajoutent d’autres équipages disparus au cours de la guerre. Le second-maître Lestourgie, de la 14F, est décrit comme le dernier pilote de l’aéronautique navale disparu au cours de la guerre d’Indochine, au mois de juillet 1954. À la fin du conflit, les flottilles 3F et 11F sont citées à l’ordre de l’Armée pour leur campagne en Indochine.
L’efficacité réelle de l’appui aérien dans la bataille a fait l’objet d’appréciations nuancées. Les contraintes de distance, la météo souvent mauvaise (les missions duraient fréquemment près de trois heures dans des conditions difficiles), la densité de la défense antiaérienne du Viêtminh et la configuration en cuvette du site limitaient la portée des frappes. Des observateurs ont par la suite souligné que l’aviation, française comme embarquée, n’avait pu empêcher l’étranglement progressif du camp retranché, dont le ravitaillement dépendait d’un pont aérien lui aussi soumis à un feu intense.
L’après-Diên Biên Phu : évacuations et retrait
Après la chute du camp et la signature des accords d’armistice, l’Arromanches et son groupe aérien sont employés à de nouvelles missions liées à la fin du conflit. Au mois de juin 1954, la flottille 11F, embarquée sur l’Arromanches, participe à l’opération Églantine, destinée à protéger l’évacuation du groupe mobile 100 d’An Khê vers Pleiku. En juillet, les Hellcat de la 11F, toujours embarqués sur l’Arromanches, couvrent l’évacuation de la région des évêchés dans le delta du Tonkin.
Avec la signature des accords de Genève, le cessez-le-feu entre en vigueur dans le nord du Vietnam au cours de l’été 1954, puis s’étend au reste de la péninsule. Les flottilles 3F et 11F sont transférées de l’Arromanches au Bois-Belleau le 13 juillet en baie d’Along, avant d’être débarquées à terre. Les deux porte-avions, ainsi que le Dixmude, sont alors associés aux opérations de transport de réfugiés du nord vers le sud du Vietnam, dans le cadre du déplacement de population consécutif à la partition du pays.
Le 20 août 1954, l’Arromanches quitte l’Indochine. Avant son départ, il restitue aux États-Unis, à Manille, les chasseurs Corsair AU-1 qui avaient été prêtés à la France. Le porte-avions regagne Toulon en septembre 1954. Après un carénage, il reprend ses activités. Le commandant Patou cède le commandement du bâtiment le 14 octobre 1954.
Le retour d’Indochine ne marque pas la fin de la carrière de l’Arromanches, mais le terme de l’engagement pour lequel il s’était le plus distingué. Le navire poursuit ensuite une longue carrière au service de la Marine nationale. En 1956, il prend part à l’expédition de Suez, déployant son aviation aux côtés d’autres bâtiments français. En 1961, il est engagé lors de la crise de Bizerte, qui oppose la France et la Tunisie au sujet de la base navale du même nom.
Le porte-avions connaît plusieurs transformations au fil des années. En 1957-1958, il reçoit une piste d’appontage oblique, modification importante qui permet d’adapter le bâtiment à l’évolution de l’aviation embarquée. Lors de la refonte de 1968-1969, il est converti en porte-hélicoptères d’intervention et de lutte anti-sous-marine, tout en conservant un rôle de porte-avions école. De 1960 à 1974, il est employé à des missions variées : entraînement des pilotes, transport de commandos, opérations amphibies et embarquement d’hélicoptères.
L’Arromanches est retiré du service le 22 janvier 1974, après 28 ans de service sous pavillon français. Le bâtiment, qui fut le premier porte-avions de ce nom dans la Marine nationale, reste associé en premier lieu à son engagement en Extrême-Orient, et en particulier à la bataille de Diên Biên Phu, où son aviation embarquée fut l’un des instruments de l’appui aérien français lors de l’un des épisodes les plus marquants de la décolonisation.
Répères chronologiques
- 1er juin 1942 : début de la construction au chantier Vickers-Armstrongs de Newcastle upon Tyne.
- 30 septembre 1943 : lancement sous le nom de HMS Colossus.
- Décembre 1944 : mise en service dans la Royal Navy.
- Août 1946 : location à la Marine nationale française ; le navire est rebaptisé Arromanches en mars 1947.
- 1948 : première campagne d’Indochine avec les flottilles 4F et 8F.
- 1951 : achat définitif par la France ; nouvelle campagne avec les flottilles 1F et 3F.
- 9 septembre 1953 : départ de France pour le déploiement de 1953-1954, sous le commandement du capitaine de vaisseau André Patou, avec les flottilles 11F et 3F.
- 20 novembre 1953 : opération Castor, établissement du camp retranché de Diên Biên Phu.
- Janvier 1954 : début des interventions des flottilles de l’Arromanches sur Diên Biên Phu ; participation à l’opération Atlante jusqu’au 31 janvier.
- 13 mars 1954 : début du pilonnage du camp ; perte du Hellcat du lieutenant de vaisseau Doë de Maindreville.
- Mars-avril 1954 : pertes successives dans les flottilles 3F et 11F (Lespinas Andrieux, Laugier, Klotz, Robert).
- 1er mai 1954 : nouvelle attaque du Viêtminh ; arrivée du Bois-Belleau, qui se partage les flottilles avec l’Arromanches.
- 7 mai 1954 : chute du camp retranché de Diên Biên Phu.
- Été 1954 : opérations d’évacuation et de transport de réfugiés après le cessez-le-feu.
- Août 1954 : départ d’Indochine ; restitution des Corsair AU-1 à Manille.
- Septembre 1954 : retour à Toulon.
- 22 janvier 1974 : retrait du service.



