Né le 27 septembre 1912, Roland-Scipion-Annibal Vaudrey est un ancien élève-officier de Saint-Cyr et commandeur de la Légion d’honneur. Il sert en Indochine pendant la guerre contre le Viêt-minh, où il participe notamment à la victoire de Na San, avant d’être associé aux opérations liées à Diên Biên Phu.
La bataille de Na San se déroule du 23 novembre au 2 décembre 1952, dans le Nord-Viêt Nam, et se conclut par une victoire de l’Union française sur les forces du Viêt-minh. Le colonel Jean Gilles commande le camp retranché et le groupement opérationnel chargé de sa défense et des contre-attaques.
Roland Vaudrey y sert comme adjoint opérationnel du colonel Gilles, avant de devenir son chef d’état-major entre octobre 1952 et juillet 1953. Il commande également le 3e bataillon thaï au sein de ce dispositif.
Na San constitue donc une étape majeure de son parcours indochinois : il participe à l’organisation et à la conduite d’une défense fixe capable de repousser les assaults viêt-minh, expérience qui nourrit ensuite la doctrine de camp retranché appliquée à Diên Biên Phu.
À la fin de 1953, Vaudrey commande le « groupement Vaudrey », rattaché aux forces terrestres du Nord-Laos. Cette formation comprend notamment des unités françaises, marocaines et laotiennes, dont le 5e bataillon de chasseurs laotiens et le 5e tabor marocain.
Dans le cadre de l’opération « Ardèche », il dirige une colonne destinée à établir une liaison terrestre entre le Nord-Laos et Diên Biên Phu. L’opération vise à rejoindre les parachutistes du camp retranché et à sécuriser un axe vers Sop Nao, dans un contexte où le Viêt-minh progresse autour de la cuvette.
La jonction est réalisée fin décembre 1953 entre trois bataillons du groupement Vaudrey et deux bataillons parachutistes venus de Diên Biên Phu, placés sous les ordres du lieutenant-colonel Pierre Langlais. Cette opération permet notamment de confirmer la présence des divisions viêt-minhiennes qui se déploient autour du camp retranché.
Vaudrey n’a donc pas commandé une unité assiégée à l’intérieur de Diên Biên Phu. Son action se situe sur le versant laotien du dispositif, dans une opération de liaison et de soutien directement liée à la bataille.
En 1957, pendant la bataille d’Alger, Vaudrey est adjoint du colonel Yves Godard, lui-même adjoint du général Massu et chargé de superviser l’action des régiments engagés dans la Casbah. La bataille se déroule du 28 janvier au 8 octobre 1957 et vise à démanteler les réseaux du FLN à Alger.
Vaudrey participe ainsi à l’appareil de commandement de la 10e division parachutiste, dans une campagne marquée par l’usage massif de la torture et des pratiques contre-révolutionnaires. Après le 13 mai 1958, il préside le comité de salut public d’Alger.
Impliqué dans le putsch d’Alger, Vaudrey est arrêté et emprisonné, avant de s’évader. Il rejoint ensuite l’Organisation armée secrète (OAS), où il commande la zone de l’Algérois.
Réfugié en Belgique après la fin de la guerre d’Algérie, il meurt à Bruxelles le 15 janvier 1965, des suites d’une leucémie.
- Commandeur de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939-1945
- Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures
- Croix de la Valeur militaire
- 17 citations dont 11 à l’ordre de l’Armée




