Charles Piroth naît le 14 août 1906 à Champlitte, en Haute-Saône. Il est le fils d’un brasseur et de Marie Mathilde Bogli. Il épouse Odette Marie Maillot à Champlitte le 30 août 1926.
Officier d’artillerie, il sert pendant la Seconde Guerre mondiale lors de la campagne d’Italie. Son dernier commandement régimentaire est celui du 41e régiment d’artillerie coloniale. Il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1940.
Piroth effectue trois séjours en Indochine. Il y arrive pour la première fois en octobre 1945, avec le grade de commandant, dans le sillage du général Leclerc. Faute d’objectifs pour l’artillerie et par manque de fantassins, ses artilleurs et lui sont employés comme infanterie. Il commande alors dans la région de Thu Dau Mot, au nord de Saïgon, où il est apprécié de ses hommes.
Le 17 décembre 1946, il est grièvement blessé dans une embuscade, mais conserve son commandement jusqu’à son évacuation vers Saïgon. Il y est amputé du bras gauche sans anesthésie. Rapatrié en France pour sa convalescence, il repart ensuite en Indochine ; en 1950, le général de Lattre de Tassigny, nouvellement arrivé, l’écarte de l’état-major. Il est entre-temps promu commandeur de la Légion d’honneur, le 30 décembre 1948.
Fin 1953, le colonel de Castries lui confie le commandement de l’artillerie de Diên Biên Phu, au sein du Groupement opérationnel du Nord-Ouest (GONO).
De Castries et d’autres officiers s’inquiètent de la faiblesse de cette puissance de feu. Piroth répond que le Viêt-minh ne pourra hisser que quelques pièces légères sur les hauteurs boisées entourant la cuvette, et que ses canons, bien placés, domineront le champ de bataille. Selon le journaliste américain Ted Morgan (d’origine française : son vrai nom est Sanche de Gramont), il affirme alors qu’aucun canon viet ne tirera plus de trois coups avant d’être repéré et détruit.
Pendant les quatre premiers mois, la situation semble lui donner raison. Mais le Viêt-minh met cette période à profit pour concentrer une importante artillerie sur les hauteurs, transportée par des sentiers de jungle.
L’attaque est déclenchée le 13 mars 1954 par un violent bombardement sur le camp retranché. L’artillerie française ne parvient pas à soutenir efficacement les points d’appui Béatrice et Gabrielle, qui tombent rapidement. Piroth sombre dans une profonde dépression, ses canons n’ayant ni appuyé les défenseurs ni neutralisé l’artillerie adverse comme il l’avait annoncé. Dans la nuit, deux canons de 105 et leurs servants sont détruits, une pièce de 155 est mise hors de combat et la compagnie de mortiers de 120 de Gabrielle disparaît.
Le 15 mars, il se rend au poste de commandement, présente ses excuses à ses supérieurs, puis regagne son abri. Il y dégoupille une grenade qu’il plaque contre sa poitrine. Certains récits précisent qu’il retire la goupille avec les dents, détail qui n’est pas repris par toutes les sources.
Il est inhumé en secret dans son abri. Sa mort est dissimulée plusieurs jours, jusqu’à ce que des journaux parachutés sur le camp l’apprennent aux hommes, l’information ayant fuité par une source inconnue. Une source associative évoque cinq jours de silence imposé par de Castries. Son successeur, le lieutenant-colonel Guy Vaillant, arrive le 20 mars par avion sanitaire.
Le colonel Charles Piroth est déclaré « Mort pour la France ». Il était commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze et deux citations à l’ordre de l’armée, et de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs.





