GROSBOILLOT Lucien

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Né cadet d’une famille de 15 enfants en 1932, ce natif du Territoire de Belfort a dû prendre soin de sa famille à la suite du décès de ses parents.

Il est âgé de 19 ans lorsqu’il s’engage pour 3 ans dans les parachutistes, afin de ramener de l’argent à son foyer. Un an plus tard, le 20 novembre 1953, il est parachuté une première fois afin d’aménager le camp de Diên Biên Phu. Il y passe 32 jours, puis il y reviendra dans un contexte beaucoup plus tendu.

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1954, il est de nouveau parachuté. Le point retranché est assiégé par les Vietminh depuis 18 jours. « On a sauté de nuit, vers 23h30, ils nous ont fait descendre à 100 mètres […], la nuit on a été harcelé, mais on n’a pas plié. Il y a un obus (de) 120 (millimètres) qui explose. Tout ce qu’il y avait autour était foutu. Il nous a blessés. Le copain s’est fait couper une patte à côté de moi. Et il me dit ‘je n’ai plus de jambe’, je dis que ce n’est pas possible. Moi j’étais blessé au dos. »

Le Belfortain est soigné et sommé de retourner au front. Mais les combats font toujours rage. « On nous a promis toute la journée les Américains avec des bombes de 500 kilos et le soir on n’a pas vu d’avion », s’agace encore aujourd’hui le vieil homme.

« On a pris une de ces raclées. »

Le 4 mai, lui et son régiment sont envoyés pour renforcer les positions françaises au point Eliane à l’est. « C’est là que j’ai été blessé », annonce-t-il simplement. « On était deux avec Olivier. Je me suis retrouvé tout seul, j’ai appelé Olivier, pas de réponse. J’ai ramassé des grenades. La première m’a foutu le genou en l’air et la deuxième cela a été le thorax, les poumons, le coude, le nez cassé… »

Il arrive tant bien que mal à se traîner jusqu’à l’infirmerie. « Le gars était de chez nous, il m’a soigné et tout, mais le lendemain matin ils ont eu l’ordre de quitter la position », j’ai dit ‘tu m’emmènes’. Il me dit ‘on n’a pas le droit, on te laisse sur place’. Je lui dis ‘tu ne peux pas me faire cette vacherie-là’, on se connaissait bien. »

Le Belfortain demande alors à ce que les troupes françaises reviennent le chercher. Mais finalement, la retraite est sonnée le 7 mai 1954 – cette défaite à Diên Biên Phu marquera d’ailleurs la fin de la guerre d’Indochine.

Ce sont les troupes ennemies qui le trouvent, sept jours plus tard. Les Vietminh pensent enterrer un cadavre. « Quand j’ai vu la terre arriver vers moi j’ai gueulé, je ne suis pas foutu », qui sera alors soigné par un médecin vietnamien. C’est en tant que prisonnier qu’il est amené à l’hôpital Luang Prabang. Il sera finalement opéré, puis rapatrié le 6 juillet 1954.

Source : France 3 Bourgogne – Franche-Comté

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