À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’armée française dispose d’un parc d’armes individuelles automatiques très hétérogène : PM de prise allemands (MP 40), matériel allié (Sten Mk II et III, Marlin UD 42, M3 en 9 mm, Thompson en .45) et le MAS 38 en 7,65 mm Long jugé trop peu puissant. L’uniformisation devient une priorité, le 9 mm Parabellum étant retenu comme calibre standard.
Un concours est lancé entre les Manufactures d’armes de Châtellerault (MAC), de Saint-Étienne (MAS) et de Tulle (MAT). Le prototype de Tulle (le MAT 1948) est finalement adopté en 1949. La fabrication par procédé d’emboutissage permet une production économique en grandes séries, urgemment requises par le gouvernement pour l’armée, la Légion étrangère et les troupes aéroportées et coloniales. La production se poursuit à Tulle jusqu’au milieu des années 1960, puis à la MAS jusqu’en 1973.
Caractéristiques techniques :
- Calibre : 9 × 19 mm Parabellum.
- Fonctionnement : culasse non calée, tir à culasse ouverte, automatique uniquement.
- Cadence de tir : 600 coups/minute (théorique).
- Vitesse initiale : 390 m/s (la valeur de 838 m/s parfois citée sur certains sites amateurs est erronée pour du 9 mm Para).
- Longueur : 720 mm crosse déployée / 460 mm crosse repliée.
- Longueur de canon : 228 mm.
- Poids : 4,170 kg chargé (3,5 kg à vide).
- Approvisionnement : chargeurs droits de 20 ou 32 cartouches.
- Portée pratique : environ 100 m.
La crosse métallique télescopique en fil d’acier, et surtout le puits de chargeur pivotant – chargeur rabattable vers l’avant parallèlement au canon pour le saut en parachute, ou à 45° pour le transport en sécurité avant remise en position verticale pour le tir. Ce dispositif explique son adoption massive par les unités parachutistes.
Utilisation à Diên Biên Phu
Le MAT-49 est l’arme automatique individuelle de référence des parachutistes français à Diên Biên Phu. Sa compacité et la possibilité de sauter avec chargeur engagé en font l’arme de prédilection des bataillons aéroportés engagés dans le camp retranché.
Unités équipées : les TAP (troupes aéroportées) du Groupement opérationnel du Nord-Ouest (GONO), notamment le 1er Bataillon étranger de parachutistes (1er BEP), le 8e Bataillon de parachutistes de choc, le 6e BPC (Bigeard), le 2e BEP et le 5e BPVN, en font un usage intensif. Le 1er BEP et le 8e BPC restent à Diên Biên Phu jusqu’à la fin des combats.
Conditions d’emploi : l’arme est utilisée dans les combats rapprochés des centres de résistance (Béatrice, Gabrielle, Anne-Marie, puis Dominique, Éliane, Huguette), lors des contre-attaques et des actions dans les tranchées.
Renforts parachutés : à partir du 8 avril 1954, l’état-major décide la mise en place de stages accélérés pour breveter des combattants non parachutistes volontaires, largués sur le camp retranché. Ces renforts sautent armés de leur MAT 49, dont le chargeur repliable autorise précisément ce type de saut sans démontage.
Après la chute du camp le 7 mai 1954, les stocks de MAT-49 capturés par le Viêt-Minh furent transformés pour utiliser la munition 7,62 mm Tokarev dont disposaient en quantité les communistes vietnamiens. Cette version disposait d’un canon plus long, d’un chargeur de 35 cartouches, et sa cadence de tir était passée de 600 à 900 coups/min. Cette conversion sera ensuite employée par l’Armée populaire vietnamienne et le Viêt-Cong contre les forces américaines.



